L’Inspecteur général d’État a remis, jeudi 07 mai 2026, le rapport annuel d’activités 2024 au vice-président de la République, Tiemoko Meyliet Koné, lors d’une cérémonie tenue au palais présidentiel.
C’est un rapport articulé autour de cinq axes majeurs qu’a remis Théophile Ahoua N’Doli à Tiemoko Meyliet Koné. L’inspecteur général d’Etat a indiqué que le document est le fruit d’un travail collectif réunissant l’Inspection générale d’État, l’Inspection générale des finances, les inspections du Trésor, des Douanes, des impôts, du Budget ainsi que les différentes inspections ministérielles. Il consigne les activités des corps de contrôle, l’évaluation des services publics et les difficultés rencontrées par les structures d’inspection.
Selon les conclusions présentées, plusieurs indicateurs révèlent une amélioration de la gouvernance administrative et financière : 64 % des structures inspectées respectent les procédures relatives aux marchés publics, tandis que 71 % des entités contrôlées présentent une information financière jugée fiable.
« Ces résultats témoignent des efforts consentis par les entités contrôlées et auditées ainsi que par les ministres qui les supervisent », a souligné l’Inspecteur général d’État.
Malgré ces avancées, le rapport met en évidence des défis persistants. Le rapport 2024 de l’IGE relève que les établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC), censés mobiliser jusqu’à 60 % de ressources propres conformément aux textes, n’atteignent dans les faits que 20 à 25 %. Une situation qui accentue la pression sur les finances publiques de l’État.
Le rapport pointe également des dysfonctionnements liés au non-recouvrement de certaines recettes, à des pratiques irrégulières de perception ainsi qu’à l’absence de base juridique pour certaines recettes non fiscales.

Des contraintes structurelles persistantes
L’Inspection générale d’État a aussi insisté sur les difficultés structurelles qui freinent l’efficacité des administrations publiques. Parmi elles figurent le déficit de ressources humaines qualifiées, l’insuffisance des équipements informatiques adaptés et certaines pratiques organisationnelles nécessitant des améliorations. Autre point évoqué dans le rapport, la nécessité de finaliser les décrets devant préciser le fonctionnement et les compétences des structures de contrôle administratif.
Selon l’Inspecteur général d’État, ces textes ont déjà franchi les différentes étapes techniques et leur signature permettrait de renforcer l’efficacité des inspecteurs, auditeurs et contrôleurs de l’État.
Concernant le suivi des recommandations émises par les organes de contrôle, l’IGE se félicite d’un taux d’exécution de 62 %. Toutefois, 38 % des recommandations restent encore sans application.
« Notre ambition est de parvenir à un taux de réalisation de 100 %, sinon de s’en approcher », a indiqué l’Inspecteur général d’État.
Des audits redondants relevés
Parmi les préoccupations soulevées figure également la multiplication des audits, commandés à des cabinets privés par certaines administrations, parfois sur des structures déjà contrôlées récemment par les organes publics d’inspection.
L’IGE déplore une absence de coordination qui entraîne, selon elle, des doublons coûteux pour l’État. « l’IGE est l’organe supérieur du contrôle de l’ordre administratif. Elle est chargée à ce titre de coordonner l’ensemble des contrôles, en dehors, bien entendu, du contrôle de l’ordre juridictionnel qui relève de la Cour des comptes », a rappelé Théophile Ahoua N’Doli.
Et de plaider pour une meilleure harmonisation des contrôles administratifs au sein des structures publiques.
Tiémoko Meyliet Koné appelle à une mise en œuvre diligente des recommandations
Dans son intervention, le vice-président de la République a lancé un appel appuyé aux gestionnaires publics et aux organes de contrôle administratif afin de renforcer la culture de la performance, de la transparence et de la redevabilité au sein de l’administration ivoirienne.

Tiémoko Meyliet Koné a rappelé les orientations du président de la République, Alassane Ouattara, en faveur d’un service public fondé sur « l’écoute, la transparence et l’évaluation régulière de l’action publique ». Il a particulièrement insisté sur la nécessité d’améliorer le taux d’exécution des recommandations issues des missions de contrôle, actuellement évalué à un peu plus de 60 %.
« Chaque recommandation non appliquée représente une opportunité manquée d’améliorer la gestion publique », a-t-il averti, appelant à un suivi renforcé et à une plus grande exigence de résultats.
Il a également exhorté les gestionnaires publics à dépasser le simple constat des insuffisances pour apporter des réponses concrètes et efficaces.
Enfin, le vice-président de la République a invité l’ensemble des acteurs publics à faire de la rigueur, de la transparence et de la responsabilité les piliers de l’action publique afin de consolider la bonne gouvernance et bâtir « une Côte d’Ivoire ambitieuse et solidaire ».
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