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Côte d’Ivoire / Commercialisation du cacao : l’or brun pâlit après avoir atteint des sommets

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Les producteurs ivoiriens sont, depuis le 1er septembre, fixés sur le prix du kilogramme de cacao pour la campagne 2026-2027 : 1200 Fcfa/kg. Par rapport au prix record de 2 800 FCFA fixé lors de la dernière campagne, la chute est de 57,1 %.

À peine ses derniers mots achevés, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières a quitté le pupitre pour la cérémonie d’ouverture de la 10ᵉ édition des Journées nationales du cacao et du chocolat (JNCC),. Dans son discours d’une vingtaine de minutes, conclu par l’annonce du prix du cacao, Bruno Koné s’est principalement attelé à justifier et à expliquer les paramètres d’une décision présentée comme « collégiale ».

« C’est le résultat des conditions de commercialisation de la nouvelle campagne, des niveaux de prix auxquels les volumes ont été vendus par anticipation. Ces prix intègrent également la volonté du gouvernement de préserver autant que possible le revenu et le pouvoir d’achat des producteurs, tout en assurant la pérennité de la filière », a-t-il déclaré.

Selon lui, de nombreuses tractations ont eu lieu sous la direction du vice-président de la République avant d’aboutir à ce prix qui tout de même le 3e meilleur prix fixé.

La campagne 2026-2027 s’ouvre dans un contexte où le marché international continue d’être caractérisé par une forte volatilité des cours du cacao, a rappelé Bruno Koné.

Pour les producteurs, le choc est énorme. « Malgré les difficultés évoquées par l’État, on s’attendait à un peu plus », confie un cacaoculteur de la région de l’Agnéby-Tiassa. Certains s’interrogent déjà sur leur capacité à payer leurs travailleurs et à financer l’achat des intrants (engrais) dont les coûts ont grimpé de 30 % sur le marché mondial du fait de la crise dans le détroit d’Ormuz.

Les producteurs devront également composer cette année avec une nouvelle donne : l’obligation de détenir la carte du producteur.

Selon le ministre, cette carte constitue un outil de protection et de sécurisation des revenus des planteurs. Elle doit notamment permettre de s’assurer que le prix fixé par l’État est effectivement versé au producteur concerné. « C’est votre droit, ce sera votre bouclier », a-t-il insisté.

La carte répond également à un enjeu de traçabilité, notamment pour faciliter l’accès aux marchés européens dans les prochains mois.

Le Conseil du café-cacao (CCC) a mis en place un dispositif à travers le Système national de traçabilité (SNT), lancé en juin 2026. Cet outil permet d’assurer le suivi du café et du cacao depuis les plantations jusqu’au point d’exportation.

Il s’agit notamment de satisfaire aux exigences du règlement européen sur la déforestation (EUDR), qui impose que les produits exportés vers l’Union européenne ne proviennent pas de parcelles déboisées après le 31 décembre 2020.


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