À l’occasion d’une conférence de presse tenue le vendredi 16 octobre 2026, la Plate-Forme des 37 Organisations, ONG, Associations et Mouvements de la Société civile ivoirienne (PEC-CI) a exposé ses préoccupations sur la réforme de l’organe électoral, la baisse du prix bord-champ du cacao et les tensions sociopolitiques. Elle appelle le Gouvernement à privilégier le dialogue, la transparence et la réconciliation nationale.
La Plate-Forme des 37 Organisations, ONG, Associations et Mouvements de la Société civile ivoirienne (PEC-CI) est montée au créneau sur plusieurs questions majeures de l’actualité nationale. Lors d’une conférence de presse organisée le vendredi 16 octobre 2026, l’organisation a présenté sa lecture de la situation sociopolitique et économique du pays, en mettant l’accent sur trois dossiers : la mise en place d’un nouvel organe électoral, la fixation du prix bord-champ du cacao et du café, ainsi que la nécessité de préserver la cohésion sociale.
Un nouvel organe électoral sous le signe de l’inclusivité
Sur la réforme de l’organe électoral, la PEC-CI estime que le processus doit reposer sur la transparence, l’inclusivité et la recherche d’un consensus entre les différentes composantes de la société ivoirienne. Elle déplore toutefois de ne pas avoir été conviée aux consultations initiées par le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité avec certains partis politiques et organisations de la société civile.
La plateforme considère que l’exclusion de certains acteurs impliqués dans les précédents processus électoraux risque de fragiliser la confiance dans la future institution. Pour justifier sa représentativité, elle rappelle avoir déployé plus de 715 observateurs indépendants accrédités par la Commission électorale indépendante (CEI) lors des élections des 3 septembre 2022 et 2 septembre 2023, selon ses déclarations.
La PEC-CI demande ainsi au ministre de l’Intérieur et de la Sécurité de clarifier les critères ayant présidé à la sélection des organisations invitées. Elle affirme également avoir saisi, le 23 juin 2026, le Premier ministre Robert Beugré Mambé et le ministre Vagondo Diomandé afin de dénoncer ce qu’elle considère comme des dysfonctionnements dans le processus de consultation, sans avoir obtenu de réponse à ce jour.
Pour la plateforme, la société civile doit participer pleinement à la réflexion sur la future architecture électorale, sans se substituer aux partis politiques ni aux institutions de la République. Elle plaide pour un organe indépendant, crédible et capable de garantir des élections transparentes et inclusives.
Dans cette perspective, la PEC-CI soutient l’ouverture d’un dialogue inclusif entre le Gouvernement, les partis politiques, les organisations de la société civile et les forces vives de la nation. Elle estime qu’une réforme conduite sans concertation suffisante pourrait raviver les contestations électorales et les tensions qui ont marqué l’histoire politique récente du pays. Elle encourage donc les autorités à privilégier le consensus plutôt qu’une démarche unilatérale.
Un audit au cœur des revendications
Le deuxième point abordé concerne le prix bord-champ du cacao. La PEC-CI exprime ses préoccupations face à la baisse du prix du kilogramme, qu’elle situe de 2 800 à 1 200 FCFA, soit une diminution de 57 %, selon les chiffres présentés lors de la conférence de presse. Elle compare cette évolution au prix annoncé au Ghana, voisin de la Côte d’Ivoire et deuxième producteur mondial de cacao, qu’elle évalue à 2 100 FCFA le kilogramme.
Pour la plateforme, cette situation soulève des interrogations sur les mécanismes de stabilisation des prix et la gestion des ressources mobilisées au sein de la filière. Elle s’interroge notamment sur l’utilisation des prélèvements effectués sur les ventes de café et de cacao, le bilan de ces fonds au cours des dix dernières années et leur lieu de conservation.
Face à ces préoccupations, la PEC-CI recommande un audit complet des structures intervenant dans la filière café-cacao. L’objectif, selon elle, est d’identifier les causes des difficultés constatées, d’établir les responsabilités et de renforcer la transparence dans la gestion des ressources destinées à soutenir les producteurs ivoiriens.
Un appel à la réconciliation nationale
Le troisième volet de la conférence de presse a porté sur la situation sociopolitique, notamment les arrestations et convocations de responsables et militants de l’opposition, dans le prolongement des tensions liées à l’élection présidentielle d’octobre 2025.
La PEC-CI estime que ces événements risquent d’affaiblir davantage une cohésion sociale qu’elle juge fragile. Elle appelle l’ensemble des acteurs politiques au calme et à la responsabilité, tout en invitant la justice ivoirienne à garantir les droits fondamentaux des personnes détenues.
S’appuyant sur les principes de liberté d’expression et d’opinion, la plateforme rappelle que la participation citoyenne et le pluralisme sont essentiels au fonctionnement d’une démocratie. Elle sollicite également la clémence du président de la République, Alassane Ouattara, afin de favoriser l’apaisement, de mettre un terme aux convocations qu’elle juge préoccupantes et de créer les conditions sécuritaires nécessaires au retour des Ivoiriens en exil.
La PEC-CI évoque notamment le précédent du retour d’Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire, alors qu’il était dans l’opposition, pour souligner l’importance des garanties sécuritaires et des gestes politiques en faveur de la paix. Elle s’inquiète également de la situation de Tidjane Thiam, président du PDCI-RDA, dont elle souhaite le retour au pays dans des conditions de sécurité garanties. Dans un appel adressé au chef de l’État, la plateforme invite les autorités à prendre des initiatives fortes en faveur de la réconciliation nationale, afin que tous les acteurs politiques puissent contribuer à la reconstruction et au développement du pays.
Enfin, la PEC-CI a annoncé son intention de décerner à Alassane Ouattara, à la fin de l’année 2026, le Grand Prix spécial du Grand Baobab de la paix, de la réconciliation et de la stabilité, en reconnaissance, selon elle, de ses efforts en faveur de la paix. Elle a également exprimé sa gratitude au président de la République pour les courriers d’encouragement qui lui ont été adressés.
À travers ces différentes prises de position, la PEC-CI entend placer le dialogue, la transparence institutionnelle et la réconciliation au cœur du débat public. Son message aux autorités comme aux acteurs politiques est clair : la stabilité durable de la Côte d’Ivoire passe par la concertation, le respect des libertés et la recherche de solutions consensuelles aux grandes questions nationales.
Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de www.osmediainfos.com, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites.
En savoir plus sur OSMEDIA INFOS
Subscribe to get the latest posts sent to your email.




