Annoncée pour ce vendredi 16 janvier 2026, l’ouverture de la séance inaugurale de la troisième législature de la Troisième République a finalement été annulée, plaçant l’Assemblée nationale ivoirienne au cœur d’une controverse institutionnelle.
Qui est réellement à l’initiative du communiqué n°001/AN/SG du 13 janvier 2026 portant convocation à la séance inaugurale de l’Assemblée nationale, dont l’objet unique est l’élection du président de l’institution ? La question traverse les esprits depuis la publication d’un second communiqué venu annuler, voire remettre en cause, le premier.
Dans le premier texte, signé du secrétaire général de la chambre basse, il est explicitement indiqué, conformément au règlement de l’Assemblée nationale, notamment en son article 3, que le doyen d’âge des députés, Mamadou Diawara, convoque « les députés élus à l’issue du scrutin du 27 décembre 2025 » à ladite séance. Mais dans un second communiqué, signé directement par le doyen d’âge, le précédent texte est déclaré « nul et de nul effet », une formule juridique pouvant être comprise comme « dépourvue de toute force légale ». Cette situation plonge l’institution parlementaire dans une zone d’incertitude juridique et politique. Elle accentue le malaise déjà perceptible autour de l’élection du président de l’Assemblée nationale.
Président sortant de l’institution, Adama Bictogo ne bénéficierait plus de l’onction du président de la République et président du RHDP, parti majoritaire à l’Assemblée, pour poursuivre son mandat, pourtant de nature élective. Dépêché à Yopougon commune avec un électorat réputé proche de l’opposition dans le cadre des législatives 2025 par la direction du RHDP après plusieurs années comme député d’Agboville, Adama Bictogo a relevé le défi en remportant le scrutin. Il y a récemment consolidé son poids politique en remportant la mairie bien avant. Une mission ‘‘kamikaze’’, pour laquelle l’intéressé confiait « jouer son avenir politique ».
Selon certaines sources, fort de cette victoire à Yopougon, Adama Bictogo se percevrait désormais comme un profil capable de faire le lien entre une opposition frustrée et un parti au pouvoir déterminé à consolider son autorité dans un contexte de transition politique. Une voie d’ouverture que le RHDP ne semblerait toutefois pas disposé à emprunter.
Les récentes publications dans la presse désignent plutôt Téné Birahima Ouattara, frère du chef de l’État, comme le favori pour accéder à la présidence de l’Assemblée nationale. Élu pour la première fois député à l’issue de sa victoire dans la commune populaire d’Abobo, il verrait ainsi sa légitimité politique renforcée et incarnerait, de facto, un dauphin constitutionnel en cas de vacance du pouvoir.
Les relations entre les deux hommes sont réputées tendues, tandis qu’Adama Bictogo est perçu par certains cercles du pouvoir comme nourrissant des ambitions jugées prématurées dans la perspective de l’après-Alassane Ouattara.
La rencontre prévue ce jeudi 15 janvier à la salle des pas-perdus de la présidence entre les députés RHDP et le président de la République sera déterminante. Aux dernières nouvelles l’ex premier ministre, député d’Adzopé aurait eu la faveur du président de la République pour candidater au poste de président de l’Assemblée nationale.
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