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Déguerpissement à Koumasssi Campement : Le procureur de la République parle…  et lève de nouvelles interrogations 

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La conférence animé par le procureur de la République, Koné Brahman, ce mercredi 16 septembre 2026 apporte la lumière mais aussi de nouvelles zones d’ombre sur le dossier Koumassi Campement, ce quartier d’Abidjan qui a subi les assauts de buldozers en juin dernier, faisant de nombreux sans-abris. La présence massive de force de l’ordre pour superviser l’opération serait motivée par l’ordre du District autonome d’Abidjan ce qui  suscite de nombreuses autres interrogations.

Les auditions réalisées dans le cadre de l’enquête viennent également préciser le rôle de plusieurs responsables. Le directeur de cabinet du ministre-gouverneur a reconnu avoir supervisé les opérations de démolition, expliquant être intervenu sur instruction du ministre-gouverneur dans le cadre de la mise en œuvre du plan ORSEC. Le directeur des services techniques du District a, lui aussi, reconnu sa présence sur le site et le fait d’avoir requis des agents de police pour assurer la sécurité de l’opération.

Pourquoi une telle précipitation de la mairie de Koumassi dans sa communication ?

Entendu dans le cadre de la procédure, le maire de Koumassi a expliqué que sa première réaction après les opérations de démolition reposait sur les informations qui lui avaient été communiquées par son secrétaire général. « Il avait pris l’initiative de publier un communiqué indiquant que les opérations de démolition n’étaient pas du fait de la mairie, mais de celui d’un opérateur qui disposait d’une décision de justice », indique le procureur de la République.

Le parquet souligne également que le maire « a toutefois regretté de ne pas avoir attendu les conclusions des services techniques, lesquelles ont établi qu’il s’agissait d’une parcelle viabilisée et qu’il ne s’agissait pas de l’exécution d’une décision de justice ».

Dans son communiqué publié le 3 juin 2026, jour des faits, la Direction de la Communication de la mairie de Koumassi affirme de manière assez catégorique que l’opération relevait d’une décision de justice, sans vérification approfondie.

« La mairie tient à préciser que cette opération relève exclusivement d’une procédure judiciaire (…) conformément aux dispositions légales en vigueur. Les informations recueillies indiquent que le bénéficiaire de la décision de justice dispose des actes et autorisations requis pour faire valoir ses droits, notamment une grosse exécutoire ainsi que les documents judiciaires nécessaires à l’exécution de la décision rendue. »

Pourquoi le District d’Abidjan n’a-t-il jamais évoqué le Plan ORSEC et laissé Alloui Brou s’attribuer les démolitions ?

Le ministre gouverneur du District autonome d’Abidjan, entendu le 24 juin 2026 par le premier président de la Cour d’appel d’Abidjan, a déclaré que « c’est dans le cadre du Plan ORSEC que les démolitions ont été opérées à Koumassi Campement. Cette opération visait à libérer les emprises et à démolir les installations irrégulières. »

Le District, qui avait pourtant multiplié les communiqués durant cette période de saison des pluies sur les opérations de déguerpissement, a gardé le silence sur l’enclenchement du Plan ORSEC à Koumassi Campement.

Qu’est-ce que le Plan ORSEC ? Qui peut le déclencher ?

C’est la raison qui aurait conduit à la mise à la rue de milliers personnes : le Plan ORSEC. Le Plan d’Organisation des Secours (ORSEC) est un mécanisme de coordination des opérations de secours mis en place, au niveau national, départemental et communal, en vue de gérer les urgences liées aux catastrophes susceptibles de survenir.

Dans l’Article 2 du décret N° 98-505 du 06 septembre 1998 portant définition des Plans de Secours en cas d’accident, de sinistre ou de catastrophe il est mentionné que les plans ORSEC recensent les moyens publics et privés susceptibles d’être mis en œuvre en cas de catastrophe et définissent les conditions de leur emploi par l’autorité compétente.

La suite de l’instruction devrait donc apporter davantage d’éclaircissements Le procureur de la République se veut rassurant : « Nous avons toute la documentation du décret de 1979 jusqu’à ce jour. Le juge d’instruction est en train d’opiner pour savoir si ce qui a été fait à Koumassi Campement répond aux exigences de la mise en œuvre d’un Plan ORSEC. »


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