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Valorisation de soi : les « apoutchou » s’organisent pour briser les complexes

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Sur le continent, de nombreuses communautés et initiatives, notamment sur les réseaux sociaux, naissent autour du terme « apoutchou », surnom donné aux femmes rondes, pour s’affirmer, contrer la grossophobie et le bodyshaming, dont sont victimes plusieurs d’entre elles.

« Apoutchou » ! Le terme est né du nouchi, argot ivoirien. Moins péjoratif par rapport à certains termes comme « la grosse » ou « la potelée », ce terme désigne les femmes rondes, aux formes généreuses. Il s’est davantage popularisé dans la scène urbaine ivoirienne avec le tube « Apoutchou », sorti le 18 janvier 2021, qui cumule plus de 10 millions de vues sur YouTube, avant de s’exporter sur le continent et au-delà.

Sur son compte TikTok, où elle se fait appeler « Zeynab, voix des apoutchous », Seynabou Seick, Sénégalaise de 24 ans, créatrice de contenu et entrepreneure, compte environ 35 000 followers. Son engagement au Sénégal contre le bodyshaming (critiques, moqueries ou humiliations en raison de l’apparence physique) l’a poussée à créer la Team Apoutchou, une communauté engagée dans la valorisation des femmes rondes.

Pour elle, il s’agit de restaurer la confiance et l’affirmation de soi face à la stigmatisation dont sont victimes de nombreuses femmes rondes. Mais aussi d’encourager la santé. Rencontres d’échanges, randonnées pédestres, matchs de football font partie des activités de cette fondation qui, grâce aux réseaux sociaux, a réuni plus de 500 femmes.

Des communautés nées d’histoires personnelles

Derrière la création de cette communauté, une histoire personnelle. « Je devenais de plus en plus grosse. J’étais en surpoids. J’étais tout le temps posée devant la télé à penser à ce que je dois commander après. Je me suis dit, il ne faut pas que je reste à la maison comme ça, clouée, le mieux, c’est de créer un espace où on peut se sentir écoutée, valorisée et respectée », confiait Seynabou Seick dans un entretien à Zoa Afrique.

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Derrière leurs écrans de nombreuses creatrices de contenus s’engagent pour redonner confiance aux femmes rondes

Parmi les pionnières de ces communautés « apoutchou » sur les réseaux sociaux, en Côte d’Ivoire, Marie Alexandre Amon, ou « Maxendre ». Son engagement pour l’affirmation des « apoutchous » lui permet de regrouper une communauté « d’environ 600 membres » sur WhatsApp.

Pour Maxendre, qui s’affiche fièrement sur les réseaux sociaux, tout n’a pas toujours été rose. « C’est vrai que nous avons ces formes, mais avons le droit de nous vêtir comme nous le voulons. Je suis aujourd’hui décomplexée dans ma façon de me vêtir, me présenter, sans tenir compte des regards, une chose que je n’arrivais pas à faire avant. Il fut un moment de ma vie où je n’arrivais pas à m’affirmer », relate-t-elle.

Ses contenus en ligne sont nés de l’idée de partager ce par quoi elle est passée, ainsi que certaines astuces et réflexions. « Une interview sur l’une des chaînes de la place a contribué à accroître ma communauté, car plusieurs femmes s’y retrouvaient », révèle Maxendre.

Et de confier : « J’ai compris que je n’ai qu’une seule vie et surtout que je suis à l’image de Dieu. Si je ne m’aime pas, personne ne le fera à ma place. ».
refuser de tomber dans le cycle infernal

Mlle Amon exhorte les femmes rondes à refuser de tomber dans le cycle infernal de la comparaison et à faire des activités qui les rendent heureuses. Selon ses dires, la pratique régulière du sport l’a aidée à vaincre la sudation excessive et à travailler son cardio. Si aujourd’hui Maxendre est un peu en retrait du fait de contraintes professionnelles, elle rassure reprendre très bientôt son combat pour l’affirmation des femmes rondes.

De l’engagement virtuel au concret

À Abidjan, le brunch des « apoutchous » célébrera, en octobre prochain, les femmes rondes autour du thème « S’aimer, s’assumer et rayonner ». Pour la promotrice de cet événement, Frédérique Dubois, derrière de nombreuses femmes rondes se cachent, malgré les sourires, de nombreux complexes et blessures.
« Nous voulons montrer à ces femmes que c’est possible de se regarder et de s’aimer, de s’habiller sans avoir à demander la permission aux gens, de sortir sans avoir peur des regards… de se donner de la valeur », explique-t-elle.

Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, en Ouganda, au Zimbabwe, au Mali, etc., et bien d’autres pays, les concours de beauté visant à valoriser les femmes rondes, avec un engagement plus prononcé dans les causes sociales, se multiplient. Au Cameroun, le 19 septembre dernier, les candidates du concours Miss Ronde se sont mobilisées aux côtés de personnalités politiques de la société civile pour dire non au féminicide.

À travers ces initiatives, l’objectif est donc de reprendre le contrôle, se réapproprier les canons de beauté, s’affirmer et  faire reculer les moqueries liées au poids.


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