Annexe 2026 : le patronat ivoirien alerte sur une pression fiscale trop forte

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À l’occasion de la cérémonie annuelle de présentation de l’annexe fiscale à la loi de finances 2026, tenue mercredi 7 janvier à Abidjan, le Patronat ivoirien a interpellé le gouvernement sur les effets jugés préoccupants de la politique de mobilisation accrue des ressources publiques sur le tissu productif national.

À l’ouverture des travaux, le directeur exécutif de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), Stéphane Aka-Anghui, a rappelé que le budget de l’État pour l’exercice 2026 s’équilibre en ressources et en charges à 17 350,2 milliards de FCFA, contre 15 339,2 milliards de FCFA en 2025, soit une progression de 13,1 %. Une hausse qui, selon le patronat, est près de deux fois supérieure à la croissance attendue du produit intérieur brut (PIB).

Cette dynamique traduit, d’après les chefs d’entreprise, un renforcement de la pression fiscale visant à rapprocher la Côte d’Ivoire des normes communautaires. Si l’objectif de mobilisation accrue des ressources est jugé légitime pour financer les politiques publiques et le Plan national de développement (PND), il suscite néanmoins de fortes inquiétudes au sein des entreprises formelles.

« L’effort demandé devient de plus en plus lourd, parfois au détriment de la compétitivité, de la capacité d’investissement et d’embauche des entreprises », a souligné Stéphane Aka-Anghui, appelant à un environnement fiscal plus équilibré, prévisible et fondé sur un dialogue permanent avec l’administration.

Les préoccupations du secteur privé portent notamment sur la pression fiscale et foncière croissante, les retards dans le remboursement des crédits de TVA, ainsi que les effets pervers des mesures de rationalisation de la TVA dans un contexte marqué par l’ampleur du secteur informel. À ces difficultés s’ajoutent la superposition des contrôles fiscaux, douaniers et administratifs, ainsi qu’un déficit de concertation sur certaines réformes majeures.

Présentant une analyse chiffrée de l’annexe fiscale 2026, le président de la Commission juridique et fiscale de la CGECI, Dominique Taty, a indiqué que les recettes fiscales attendues s’élèvent à 8 193,8 milliards de FCFA, contre 7 152,6 milliards de FCFA en 2025, soit une hausse de 14,6 %. Selon lui, cette progression accentue mécaniquement la pression sur le secteur privé.

Pour Dominique Taty, l’effort fiscal devrait prioritairement passer par l’élargissement de l’assiette et la réduction de l’informalité, plutôt que par un alourdissement de la charge sur les entreprises citoyennes. Il a plaidé pour la réactivation du Cercle d’Échanges et de Réflexion (CER) afin de faire du dialogue fiscal un mécanisme permanent.

L’annexe fiscale 2026 comprend 41 mesures, articulées autour du renforcement de la mobilisation des ressources, de mesures incitatives ciblées, du développement d’une fiscalité environnementale et de la simplification du dispositif fiscal.


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