Coût du loyer en Côte d'Ivoire

Côte d’Ivoire : Coût du loyer à Abidjan, un malaise social grandissant

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En Côte d’Ivoire, le coût du loyer, notamment dans la capitale économique Abidjan, est au cœur d’une vague de plaintes sur les réseaux sociaux.

« Loyer trop cher, on n’en peut plus », « Tous ensemble disons non au loyer cher » ou encore « Non au loyer cher en Côte d’Ivoire » : tels sont les messages inscrits sur de nombreuses affiches largement partagées sur la toile. Cette campagne de dénonciation, en constante progression depuis l’an dernier, met en cause les coûts jugés exorbitants pratiqués par certains propriétaires.

Entre 100 000 et 250 000 francs CFA, tel est le prix d’un studio dans certaines communes d’Abidjan, dans un pays où le SMIG est fixé à 75 000 FCFA. Se loger décemment devient ainsi de plus en plus difficile pour de nombreux ménages. Entre les augmentations incessantes des loyers, la pression exercée par certains démarcheurs immobiliers aux pratiques abusives, le marché locatif connaît une flambée préoccupante.

« Alors que j’étais en quête d’un logement à Koumassi Remblais, j’ai été contacté par un démarcheur qui m’a proposé une chambre-salon à 100 000 FCFA, une offre abordable pour moi. Mais il m’a exigé 10 mois de caution et d’avance, soit 1 000 000 FCFA », témoigne Francis Kouadio, jeune fonctionnaire. Pourtant, la loi plafonne strictement la caution et l’avance de loyer à deux mois de caution et deux mois d’avance pour un usage d’habitation.

« C’est cette situation qui pousse de nombreuses personnes à vivre dans des conditions de précarité, parfois dans des zones à haut risque pour leur vie », déplore-t-il.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs témoignages dénoncent également l’influence négative de certains démarcheurs dans la hausse du coût des loyers. Si la loi encadre la tarification de leurs services, la réalité du terrain est tout autre. Face à une pression immobilière de plus en plus forte, le contrôle et l’application des textes restent difficiles. Plusieurs appellent à un encadrement des coûts des loyers.

« Avec un taux d’urbanisation de 52 %, la Côte d’Ivoire fait face à un déficit de 800 000 logements, qui s’accroît annuellement d’environ 10 % », a déclaré le Premier ministre Robert Beugré Mambé, en janvier 2025, à l’ouverture de la Conférence régionale sur l’impact économique du logement en Afrique francophone.

Pour y faire face, le gouvernement mise sur le Programme présidentiel de construction de logements sociaux et économiques, lancé en 2012. D’ici à 2030, environ 150 000 logements supplémentaires devraient être construits. Toutefois, dans le processus d’acquisition, les plaintes persistent, notamment sur les coûts et les critères jugés peu accessibles pour ceux qui en ont le plus besoin.


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