Face à la multiplication des accidents liés à l’utilisation du gaz butane en Côte d’Ivoire, notamment les bouteilles B6 communément appelées « Faitout », les autorités montent au créneau. Dans un entretien accordé au CICG, Seydou Coulibaly, Directeur général des Mines et de la Géologie, éclaire sur les causes de ces incidents et annonce une série de mesures pour renforcer la sécurité.
Selon le responsable, trois principales causes expliquent la recrudescence des explosions. La première est liée à la mauvaise qualité des accessoires utilisés dans les ménages, notamment les brûleurs et les clapets, souvent achetés dans des circuits informels. « Les bons accessoires se vendent dans les grandes surfaces, mais l’on constate que la plupart des accessoires utilisés dans de nombreux ménages sont achetés dans des commerces inadaptés, parfois en bordure des voies », indique Seydou Coulibaly. La seconde concerne l’état des bouteilles elles-mêmes. Bien que celles-ci quittent les centres emplisseurs en bon état, elles subissent parfois des déformations durant le transport ou la manutention chez les revendeurs. Enfin, le facteur humain reste déterminant. « La méconnaissance des bonnes pratiques et des réflexes de sécurité constitue un risque majeur », souligne-t-il.
Le Directeur général explique l’existence d’un mécanisme de contrôle en plusieurs étapes. De la fabrication à l’importation, en passant par le remplissage et la distribution, les bouteilles de gaz font l’objet de vérifications strictes : tests d’étanchéité, contrôle des soudures, vérification de l’épaisseur des matériaux et essais sous pression.
Des inspections régulières sont également menées tout au long de la chaîne, avec un système de tri permettant d’écarter les bouteilles défectueuses, de requalifier celles pouvant être remises en circulation, et de détruire celles hors d’usage.
L’augmentation des accidents s’explique aussi par la démocratisation du gaz butane. Depuis les politiques mises en place dans les années 1990 pour remplacer le charbon de bois et préserver les forêts, la consommation a fortement augmenté, atteignant aujourd’hui des milliers de bouteilles en circulation, y compris dans les zones rurales. Cependant, cette expansion s’accompagne de pratiques dangereuses, notamment le transvasement illégal de gaz ou son utilisation comme carburant dans certaines localités comme Yamoussoukro, Bonoua ou Daloa.
Pour endiguer le phénomène, les autorités ont renforcé les contrôles sur le terrain et intensifié les actions de sensibilisation. Des formations sont également organisées à l’intention des acteurs de la chaîne de distribution.
Par ailleurs, deux projets de textes sont en préparation. Le premier vise à encadrer la fabrication et la commercialisation des accessoires, avec l’introduction de stickers de conformité. Le second prévoit un renforcement du système de contrôle des bouteilles, avec l’apposition d’une marque indélébile attestant des inspections effectuées. « Nous allons par ailleurs renforcer la répression afin de réduire voire mettre fin définitivement aux accidents que nous constatons », a annoncé le Directeur général des Mines et de la Géologie appellant à les uns et les autres à vigilance et à la prudence dans l’utilisation du gaz domestique.
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