À l’approche de la Coupe du monde 2026 les inquiétudes grandissent. Amnesty International alerte sur des risques majeurs pour les droits humains dans les pays hôtes.
États-Unis, Canada et Mexique. Ce sont les pays qui accueilleront le format inédit à 48 équipes de la coupe du monde 2026 du 11 juin au 19 juillet. Avant le début de la compétition, Amnesty International tire la sonnette d’alarme. Selon l’organisation, les politiques migratoires menées sous l’administration de Donald Trump sont marquées par des expulsions massives, des détentions arbitraires et des pratiques jugées discriminatoires. Elle évoque notamment plus de 500 000 expulsions en 2025, un chiffre jugé alarmant. « L’érosion des garanties d’une procédure régulière a instauré un climat de peur », a déclaré Steve Cockburn responsable de la justice économique et sociale, soulignant les conséquences pour les migrants, mais aussi pour les supporters attendus du monde entier.
Des restrictions de voyage pourraient également empêcher certains fans. Plusieurs villes hôtes américaines, dont Los Angeles, Dallas, Houston et Miami, sont citées pour leur coopération accrue avec les services d’immigration, notamment l’ICE. Amnesty dénonce un risque accru de profilage racial et une détérioration de la confiance entre les forces de l’ordre et les populations locales.
Au Mexique, le déploiement de 100 000 agents de sécurité, dont des militaires, suscite également des inquiétudes. Des manifestations sont prévues, notamment à Mexico, où des militantes entendent profiter de l’événement pour réclamer justice pour leurs proches disparus. Au Canada, la situation sociale n’est pas en reste. Amnesty évoque le risque de déplacement de populations vulnérables, notamment les sans-abri. À Toronto, un centre d’hébergement d’urgence a déjà été fermé pour faire place à des installations liées à la FIFA.
Le rapport d’Amnesty International souligne par ailleurs des restrictions croissantes à la liberté d’expression et au droit de manifester dans les trois pays hôtes. Des manifestations, parfois liées à des enjeux internationaux comme le conflit à Gaza, ont été dispersées ou réprimées, alimentant les craintes d’une gestion sécuritaire excessive pendant le tournoi.
Face à ces constats, Amnesty International appelle la FIFA et les autorités des pays hôtes à prendre des mesures urgentes pour garantir le respect des droits humains.
« Cette Coupe du monde n’est plus un événement à risque modéré », avertit Steve Cockburn. Il appelle à replacer les droits des supporters, des travailleurs, des journalistes et des populations locales au centre de l’événement.
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