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Pollution de l’air : Abou Bamba : « Le développement industriel ne peut se faire au détriment de la santé »

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À l’occasion de la journée mondiale de l’Environnement, le ministre ivoirien de l’Environnement et de la transition écologique, Abou Bamba, a dressé un bilan alarmant de la qualité de l’air dans le pays. Placé sous le thème « Air-Action pour le climat », l’événement a mis en lumière un ennemi invisible mais mortel : la pollution atmosphérique.

Les chiffres égrenés par le ministre donnent froid dans le dos. Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) attribue plus de 7 millions de décès prématurés à la pollution de l’air dans le monde (dont 400 000 en Afrique), la Côte d’Ivoire paie un lourd tribut. Chaque année, près de 12 000 Ivoiriens meurent prématurément à cause de l’air vicié, victimes de maladies respiratoires et cardiovasculaires exacerbées par les particules fines. Les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées se trouvent en première ligne.

Mais au-delà du drame humain, le ministre a insisté sur l’impact macroéconomique de ce fléau, qualifié de véritable frein à l’émergence. « Environ 4 % de notre Produit Intérieur Brut (PIB) est affecté et inhibé par les problèmes de pollution atmosphérique » , a révélé Abou Bamba.

Abidjan asphyxiée…

Avec un parc automobile vieillissant (entre 16 et 25 ans d’âge moyen) et des transports en commun ( Woroworo et Gbaka ) roulant à 70 % au diesel, les routes ivoiriennes saturent l’air de gaz toxiques. En milieu urbain, la situation est aggravée par la cohabitation de plus en plus difficile entre les zones d’habitation et les industries lourdes. Abidjan compte désormais pas moins de 12 cimenteries et de nombreuses centrales à béton implantées au cœur du tissu résidentiel.

« L’industrie est nécessaire au développement de notre pays, le ciment accompagne nos routes et nos hôpitaux. Mais le développement industriel ne peut pas se faire au détriment de la santé de nos populations » , a martelé le ministre, annonçant un renforcement immédiat des contrôles des émissions de poussières et du stockage du clinker, en concertation avec les industriels.

Tolérance zéro pour les délinquants environnementaux

Le premier responsable de l’environnement a insisté sur l’arsenal juridique ivoirien existant pour stopper les dérives. Le décret de 2013 interdisant les sachets plastiques à usage unique, responsables d’inondations meurtrières par l’obstruction des canaux d’égout, reste pleinement en vigueur. Les contrevenants s’exposent à un an de prison et jusqu’à 100 millions de FCFA d’amende.

De même, le ministre a rappelé l’illégalité stricte du remblayage des cours d’eau, sauf impératif de défense nationale.

Heureusement, la capitale économique peut encore compter sur son « poumon vert » : le Parc national du Banco. Véritable bénédiction écologique de 3 438 hectares en plein cœur d’Abidjan, il séquestre chaque année 90 000 tonnes de carbone et produit 60 000 tonnes d’oxygène. « Si le parc du Banco n’existait pas, la situation serait particulièrement difficile à Abidjan » , a reconnu Abou Bamba.


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