Le cri du coeur des accidentés de travail et malades professionnels

Réinsertion professionnelle : Le cri du coeur des accidentés de travail et malades professionnels

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Comme le laissait subodorer son thème, la sixième édition de la Journée africaine des victimes d’accidents du travail et maladies professionnelles n’aura pas été une simple commémoration.

Offensif était le discours. Et à raison : il s’agissait de revendiquer une meilleure prise en charge des accidentés du travail et des malades professionnels, appeler à une conscience nationale à leur égard.

Le président de la Fédération ivoirienne des personnes victimes d’accident du travail  et maladies professionnelles (FIPVAT/MP), Issa Samadoulougou, a ainsi appelé à sortir des sentiers battus pour aborder la question des accidents du travail et des maladies professionnelles avec responsabilité. C’était le mercredi 22 avril dernier  lors de la célébration de la 6è édition de la Journée africaine des victimes d’accidents du travail et maladies professionnelles (Javatmp). Théâtre de la cérémonie, le siège du Syndicat national des enseignants du primaire public de Côte d’Ivoire (SNEPPCI) sis à Yopougon, a enregistré pour l’occasion, outre des victimes de ces aléas professionnels, des représentants de structures spécialisées en la matière : Caisse nationale de prévoyance sociale, Bureau international du travail, Direction de l’inspection du travail, entre autres.

Il faut repenser les stratégies de prise en charge, a appelé avec force M. Samadoulougou. Trop souvent oubliés après l’accident, les victimes sont confrontés à des procédures longues et complexes», «des indemnisations insuffisantes», une absence de réinsertion professionnelle». Résumé de la situation: «Beaucoup de victimes survivent… mais ne vivent plus dignement».

Il faut que ça change! Pour cela, il faut se demander si le  système actuel de prise en charge répond aux attentes des victimes. A ce questionnement qu’il considère comme «la vraie question» à se poser, relativement à cette problématique, il appose une question qui élude le problème: «peut-on continuer à réparer des vies brisées avec des mécanismes héritées d’un autre temps?» Suit une autre question à la même tonalité interpellatrice: «Peut-on parler de justice sociale lorsque la réparation ne couvre pas la réalité des souffrances?»

Convenant avec le président de la Fipvat/MT, les différents spécialistes et débatteurs, enrichissant les échanges de leurs contributions, ont admis qu’il faut repenser la prise en charge des victimes des accidents du travail et, surtout, leur offrir la possibilité de se réinsérer dans le milieu du travail.

Le thème de cette sixième édition portait en germe la teneur des débats: «Accidents du travail et maladies professionnelles en Afrique: de la réparation à la véritable réinsertion des victimes».

Officiellement, 24 000 accidentés du travail et malades professionnels sont recensés en Côte d’Ivoire, souffle M. Samadoulougou. Ce nombre serait en deçà de la réalité, car tous les cas ne sont pas toujours rapportés et enregistrés.


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